La question de savoir s'il est intéressant ou non d'acheter un appartement est délicate car liée à la sensibilité de chacun. Il n'est pas possible de trancher définitivement cette question, cependant, quelques lumières sur l'immobilier actuel vous permettront peut-être d'éclairer votre choix.
Au rang des pour, il y a bien évidemment la volonté d'avoir son propre logement et d'y vivre, au lieu d'habiter l'appartement de quelqu'un d'autre. C'est subjectif, bête, et méchant, mais c'est ainsi : certains souhaitent se rendre propriétaires, d'autres pas.
Dans ce domaine, une chose reste certaine : l'achat d'un appartement est toujours un bon placement, car il s'agit d'une valeur sûre et concrète. Il y aura toujours une demande en logement, car il s'agit d'un bien de base.
Cependant, les prix atteints par l'immobilier peuvent faire douter de l'intérêt purement financier d'une opération immobilière aujourd'hui. En effet, les prix sont déjà en limite de la capacité d'emprunt d'une grande partie de la population, comme le constate Patrick Jolly, fondateur et vice-directeur de l’hebdomadaire De particulier à particulier : « La solvabilité des ménages est aux taquets. Les acheteurs ont conscience qu’on a atteint le haut du cycle et que le moment est venu de négocier les prix. » in Les prix de l'immobilier vont s'assagir (La Croix économie) .
Autre indice d'un risque de faible rentabilité d'un investissement dans l'immobilier, ce n'est plus un placement de choix pour les classes les plus favorisées selon les statistiques de Century 21, dont les dirigeants « constatent aussi l'effondrement de la proportion des acquisitions effectuées par la catégorie des cadres supérieurs et professions libérales (9,7 % en 2006 contre 16,9 % en 2005 et 17,5 % en 2004). » in Immobilier et logement : qu'attendre de 2007 ? (Universimmo) .
Outre la faible rentabilité d'un placement dans la pierre, certains pointent du doigt le risque d'une surestimation de l'immobilier en France, c'est-à-dire une bulle immobilière, dont l'éclatement pourrait être coûteux. Jacques Friggit, chargé de mission au Conseil Général des Ponts et Chaussées, a ainsi observé que les prix des logements suivaient une tendance longue avec 10 % de marge, tendance que les prix actuels ont très largement dépassée.

Dans le même temps, il ne faut pas trop exagérer non plus ce risque de chute de l'immobilier. D'une part, le dernier krach de l'immobilier, s'il a été spectaculaire, a quand même connu des limites ( « le dernier fléchissement du marché - de l'ordre de 30% il est vrai - remonte à la période 1991-1996. », in Immobilier : la pierre après le boom ). D'autre part, si une chute se produit réellement après trois ans de hausse continue à 15% par an, les deux effets s'annuleront. Et si ce n'est pas le cas immédiatement, ce le sera sous quelques années, car l'immobilier est un marché cyclique sur 15 ans environ.
Là est tout le problème : savoir si pour vous, attendre « quelques années » par rapport à la date à laquelle vous aviez prévu de revendre votre bien est faisable, ou non. Pour cela, il faut se poser la question de savoir si par rapport à vos plans d'évolution de vie, l'achat immédiat d'un appartement est intéressant ou non.